Deuxième labo, le blog

Prestataire de service pour le monde de la recherche et autour de la culture scientifique

25 janvier 2010 Deuxième labo remporte un appel d’offres du Ministère de l’écologie

Deuxième labo animera pendant deux ans (plus une troisième année optionnelle) le programme REPERE : « Recherche et expertise pour piloter ensemble la recherche et l’expertise » du Ministère chargé de l’écologie. Ce programme est conçu pour accompagner une réforme durable du pilotage de la recherche et de l’expertise en y intégrant la participation des ONG, et fait suite aux recommandations du Grenelle de l’Environnement. Nous sommes fiers d’y être associés mais avant de vous en dire plus sur cette mission, il faut raconter en quelques mots la constitution épique de notre proposition :

  • le 28 septembre 2009, le Ministère publie son appel d’offres, avec une date limite de réponse fixée au 9 novembre (ce qui laisse donc 6 semaines pour répondre) ;
  • à notre retour de vacances le 5 octobre, nous découvrons l’appel d’offres et commençons à en parler entre nous : il est évident que le projet est intéressant et que nous nous sentons fait pour lui (à moins que ce ne soit le projet fait pour nous ?) ;
  • nous faisons le tour du paysage français pour cerner les organismes et équipes qui seraient intéressés pour monter une proposition avec nous. La Fondation sciences citoyennes (FSC) s’impose elle-même, ça tombe bien, nous devons rencontrer l’un de ses responsables dans la semaine. L’IFRIS et ses nombreux sociologues des sciences sont également bien positionnés ;
  • le 9 octobre, nous rencontrons un membre de la direction de la FSC qui n’était pas au courant de l’appel et se déclare intéressé : ils prévoient d’en discuter en interne et de nous faire part de leur décision ;
  • le même jour, nous envoyons les documents de l’appel à Matteo Merzagora pour le mettre au courant, en pensant que ses compétences en animation et son expérience des projets européens « Sciences en société » seraient utiles s’il est intéressé, et nous sondons notre contact au secteur « Sciences et société » du Ministère de la recherche ;
  • nous contactons l’IFRIS le 10 octobre par courriel, avec les encouragements de la FSC, pour leur proposer de monter un projet ensemble ;
  • le 15 octobre, nous relançons la FSC, sans succès ;
  • pendant ce temps, nous commençons à nous renseigner auprès de notre expert comptable sur les modalités pratiques d’un appel d’offres : il faut dire que c’est une première pour nous (et il s’avère que c’est aussi une première pour lui) !
  • le 20 octobre, l’IFRIS nous confirme son « intérêt pour faire quelque chose » tout en admettant que les délais sont très serrés et nous promet une réponse définitive le 26 octobre ;
  • le 26 octobre, toujours rien, nous attendons quelques jours avant de relancer le 29 par courriel puis par téléphone ;
  • le 1er novembre, la FSC nous répond que « rien ne se fera pour la deadline » en parlant également au nom de l’IFRIS. À une grosse semaine de l’échéance, se pose la question de savoir si on se lance sans eux en étant nous-même porteurs du projet. La réponse est vite prise, on tente le tout pour le tout ;
  • le long week-end du 1er novembre se passe puis nous mettons en route notre plan d’attaque :
  • grâce à notre expert-comptable, nous apprenons que le Conseil supérieur de l’Ordre et le Ministère de l’économie ont créé un Guide pratique pour la réponse des PME à la commande publique qui va nous être fort utile ;
  • Matteo Merzagora confirme sa participation, mais il nous manque toujours des compétences en matière de sociologie de la participation et de gouvernance de la recherche : nous décrochons le téléphone et nos contacts nous envoient vers Nicolas Baya-Laffite, qui sera le dernier élément de notre dispositif ;
  • nous sommes le 4 novembre, les derniers jours (et nuits) sont passés à construire et fignoler notre offre ;
  • le 9 novembre, jour J, nous passons au Ministère à la Défense (malgré les problèmes sur le RER A) pour rendre notre dossier. Le Ministère est une forteresse (partagée avec GDF Suez) : le nom d’un contact officiel et un pli confidentiel à déposer ne suffisent pas. On attend que quelqu’un descende. Mais il n’a pas le document nécessaire (récepissé de dépôt) sur lui. On le suit dans les étages, et un récepissé ad hoc est tapé et visé pour nous. Il est bientôt 16h, la deadline, mais, ouf, c’est terminé !

Antoine et Elifsu

15 octobre 2009 Une web TV sur la science telle qu’elle se fait

Parmi les projets incubés chez Deuxième labo, il y en a un qui est en train de voir le jour et nous nous en réjouissons. Certes pas dans sa forme originelle… mais reprenons du début !

Au commencement était le dossier Sagascience

Le CNRS produit des dossiers multimédia par thème (Sagascience), couvrant l’évolution, le climat, le big bang, les nanotechnologies, le handicap… et donc s’intéressant aux savoirs scientifiques plutôt qu’à la production de ces savoirs. En prévision des 70 ans du CNRS fêtés cette année, nous avions contacté le CNRS pour construire un dossier multimédia sur « la science telle qu’elle se fait ». Combinant des textes, des animations (scènes interactives Flash) et des entretiens filmés, il avait pour objectif d’offrir une vision quasi-intégrale des problématiques contemporaines de la recherche scientifique. Par son approche transversale et son niveau très « méta », il avait vocation à devenir la référence pour éclairer le public sur les questions de science citoyenne, d’expertise mais aussi l’informer sur la réalité de la recherche scientifique, remplissant ainsi des objectifs d’éducation à la citoyenneté et de réenchantement du métier de chercheur. Cette grande première a été discutée puis malheureusement déclinée, au moment où le CNRS décidait de ne plus alimenter le site Sagascience.

Puis vint la web TV

Ne nous décourageant pas, nous avons décidé de nous concentrer sur les entretiens filmés, sollicitant des chercheurs en histoire, philosophie et sociologie des sciences pour expliquer à un large public la science telle qu’elle se fait. En collaboration avec deux doctorants de l’université de Strasbourg (Alexis Zimmer et Nils Kessel), nous mettrons en ligne au fur et à mesure de leur réalisation des vidéos de 15 à 30 minutes explorant quatre grands thèmes :

  • la science qui cherche (les controverses, le rôle des cahiers de laboratoires, expérimentation vs. théorie, la fraude et l’éthique, les styles scientifiques…)
  • la science qui communique (le circuit de l’information scientifique, la bibliométrie, les nouvelles tendances de publication en ligne, la communication des organismes de recherche…)
  • la science qui produit (la production de vérité ou d’expertise, l’innovation et les brevets, la fabrication du quotidien et la naturalisation du social…)
  • la science qui s’organise (les organismes de recherche et les sociétés savantes, le rôle des universités, les groupes intergouvernementaux d’experts, la science amateur, la recherche dans les pays du Sud…).

Cette série intitulée « La science telle qu’elle se fait » est d’ores et déjà en ligne avec deux épisodes consacrés à l’historienne de l’agriculture intensive Nathalie Jas, qui décrit comment la science et la technique peuvent fabriquer en 150 ans un monde socio-technique complet !

En attendant une suite ?

Nous espérons que cette initiative « sauvage » donnera quelques idées aux institutions de recherche et promoteurs de la culture scientifique, nous permettant de réaliser l’intégralité du projet que nous ambitionnions ! En attendant, rendez-vous sur la web TV « La science telle qu’elle se fait » pour de nouveaux épisodes (podcast iTunes /flux RSS) !

Antoine

18 août 2009 La veille média, c’est comme la pâtisserie

Longtemps cantonnée à la revue de presse, la veille média (réputation, compétition, marchés…) passe à l’ère du XXIe siècle et s’équipe avec des outils d’analyse façon Dow Jones Insight ou autres… Mais pour l’entreprise qui cherche à évoluer, cela revient trop souvent à partir dans tous les sens et tester les outils disponibles les uns après les autres, comme un enfant dans un magasin de jouets — ou comme un apprenti-pâtissier qui choisit les plus belles couches (génoise au chocolat, mousse de kiwi, citron meringué et coulis de fraise) au détriment du résultat final ! Nous préconisons plutôt à nos clients d’avancer avec rigueur, et de prendre le temps de se poser les vraies questions : certes chaque outil peut faire beaucoup de choses mais comment dois-je l’utiliser ? Qu’est-ce que j’attends de lui ? Quelle est ma marge de manœuvre si je veux utiliser d’autres sources ou pallier aux insuffisances de son moteur d’analyse ? 

C’est pourquoi nous proposons en général deux options de veille média (deux recettes), qui peuvent être choisies ensemble ou individuellement. Cette dichotomie est idéale tendance caricaturale mais chaque option a du sens par rapport à des objectifs, un public, un rythme de rafraîchissement et une place donnés dans la stratégie de l’entreprise :

  • la première option vise à fournir en continu un état de la situation, grâce à un tableau de bord et un ensemble de graphiques. Ces indicateurs (qui ne font pas vraiment la différence entre une mention positive dans un grand média et une critique dans un blog de second rang) se basent sur une couverture aussi exhaustive que possible des sources disponibles, sur la base de requêtes solides au plus près des activités de l’entreprise et de ses centres d’intérêt. Comme les sources sont nombreuses et les requêtes larges (il faut être exhaustif, souvenez-vous), l’outil d’analyse doit être capable de filtrer le bruit qui se glisse immanquablement. La base d’utilisateurs au sein de l’entreprise peut être assez large puisque l’outil est destiné aux utilisateurs finaux.
  • l’autre option consiste à construire un échantillon de sources (quelques blogs, des journaux plus ou moins spécialisés, des forums, un peu de Twitter) couvrant à la fois les influenceurs et ceux qui font cavalier seul. Cette fois l’objectif est de plonger dans les discussions, de sortir des sentiers battus — et on ne sait jamais d’où va venir la prochaine étincelle, n’est-ce pas ? Les requêtes, plutôt lâches, doivent être réévaluées en permanence tout comme l’échantillon de sources (en fonction de l’évolution du paysage) et un rapport est produit tous les 2 ou 3 mois sur la façon dont les sujets sont discutés, par qui, avec quels acteurs… L’outil d’analyse doit être flexible (il faut pouvoir rajouter des thèmes ad hoc dès qu’il y a un besoin) et puissant, afin de bien servir l’analyste-expert qui produit le rapport.

Une fois qu’elle a ses deux grandes options en tête, l’entreprise peut cibler plus facilement son choix d’outils et déterminer dans quelle mesure ils lui conviennent, ou quelles personnalisations sont nécessaires. Elle peut raisonner ses sources d’information, sa fréquence de mises à jour, son utilisation de l’outil d’analyse, la forme de ses rapports de veille… et construire ainsi le gâteau qui offre la meilleur combinaison de couches plutôt que les couches les plus séduisantes individuellement mais insipides ensemble !

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7 août 2009 Atelier sur l’ornithorynque pour le jeune public

Un atelier sur l’évolution et la classification des espèces qui revisite aussi l’histoire et la sociologie des sciences

Ces derniers mois, nous avons été occupés à créer un atelier de science destiné au jeune public. Ce n’est pas une première pour nous, en raison de nos expériences précédentes d’animation et de création d’atelier (dont un sur les écrits scientifiques). Et dans l’esprit de Deuxième labo, nous avons continué à creuser cette veine un peu différente, qui consiste à s’intéresser autant au processus de la recherche qu’aux contenus scientifiques.

Dans ce nouvel atelier, nous sommes partis de l’ornithorynque, dont le génome a été entièrement séquencé en 2008. Il est une célébrité du monde animal, endémique de l’est de l’Australie mais connu à travers la planète, et il possède une riche histoire naturelle et sociale. Notre atelier invite le public à (re)classer l’ornithorynque dans l’arbre du vivant en parcourant plusieurs siècles d’histoire de la biologie.

C’est d’abord l’étrangeté de l’animal qui nous a attiré, suivant les mots du naturaliste Johann Blumenbach, auteur de la première description de l’ornithorynque : « les aberrations de la Nature hors de sa marche accoutumée répandent parfois plus de jour sur des recherches obscures que ne fait son cours ordinaire et régulier » (cité par Paul-Joseph Barthez, « Nouveaux éléments de l’histoire de l’homme », 2e édition, Goujon & Brunot, Paris, 1806, t. II, p. 6). Puis en avançant, nous avons été conquis par le fait que l’histoire sociale de l’ornithorynque enseigne beaucoup sur « la nature de la preuve scientifique, l’orthodoxie, l’autorité établie, le rôle des personnalités en science, le lent renversement des vieilles traditions, les rivalités entre pays, les préjugés et priorités, les critiques de la classification du vivant, ce qu’il faut pour être considéré comme un mammifère, la préservation des espèces et leur extinction » (Brian K. Hall, « The Paradoxical Platypus », BioScience, Vol. 49, No. 3, 1999, pp. 211-218 ).

Comme dans un jeu de rôle, les participants rejouent les affrontements entre diverses conceptions scientifiques historiquement attestées et échangent les arguments leur permettant de voir plus clair dans la biologie de cet animal. Le jeu s’organise en trois tours de table, faisant s’affronter trois groupes à chaque fois. On donne à chacun des groupes un lot de cartes permettant de comprendre qui il représente et la position qu’il devra défendre, avec trois types de cartes :

  • les cartes « Qui ? » présentant les protagonistes de chaque groupe (avec leur parcours, leur statut, leur autorité…)
  • les cartes « Quoi ? » résumant les positions de chaque groupe et
  • les cartes « Pourquoi ? » indiquant les éléments permettant de défendre ces positions.

Chaque carte est illustrée par une photographie, un dessin ou une gravure d’époque, une peinture ou un schéma (voir ci-dessous) et les illustrations sont reprises par les animateurs au fur et à mesure pour être projetées sur un écran, afin de ponctuer cette histoire en train d’être racontée et de maintenir une attention maximale du public. Parmi les groupes qui s’affrontent, on trouve les Aborigènes , les naturalistes sceptiques de la fin du XVIIIe siècle, les anatomistes du XIXe siècle, les biologistes arrivant après Charles Darwin et les généticiens d’aujourd’hui.

Geoffroy Saint-HilaireL'ornithorynque par Blumenbach

Ainsi, les joueurs apprennent non seulement où est classé l’ornithorynque (parmi les monotrèmes, un ordre appartenant à la classe des mammifères) mais aussi que le consensus entre savants n’est pas mécanique : il est le fruit d’argumentations et de discussions, appuyées sur des arguments et des éléments de preuves (observations, expériences, intuitions ou déductions) qui vont dans un sens ou dans l’autre. Une même observation peut donner lieu à plusieurs interprétations. Certains interlocuteurs sont plus ou moins crédibles et seront plus ou moins écoutés (les témoignages des aborigènes, par exemple, ont été systématiquement ignorés ou minimisés). Des questions peuvent rester sans réponse pendant très longtemps, soit parce que les savants s’en désintéressent, soit parce qu’on bute sur des limites techniques (typiquement, la rareté des spécimens reçus d’Australie, qui nécessite d’appartenir aux bons réseaux pour pouvoir être approvisionné) soit parce que les modes changent. Ce fut le cas après la parution des Ossements fossiles de Georges Cuvier en 1808, qui détourna l’intérêt des savants de la description des nouvelles espèces pour la découverte et l’exploitation des ossements fossiles. Ce fut également le cas dans les années 1840 quand les premiers savants australiens se désintéressèrent des problèmes des naturalistes « impérialistes » d’Europe, préférant s’occuper de questions (comme l’économie de la laine) plus importantes pour leur jeune nation.

Au final, il apparaît notamment que si la théorie de l’évolution a su donner une place à l’ornithorynque et le ranger de façon satisfaisante dans la classification des espèces, ce ne fut pas sans révolutions dans notre façon de le considérer. Tels les obstacles épistémologiques mis en évidence par Gaston Bachelard, il a fallu surmonter des conceptions ancrées plus ou moins profondément (comme le fixisme, ou le fait que les mammifères donnent naissance à des bébés déjà formés plutôt que pondre des œufs).

L’animation était conçue pour des jeunes de 13 à 18 ans mais nous avons reçu beaucoup d’enfants très jeunes (de 6 à 10 ans). Il a fallu s’adapter en prenant le temps de leur expliquer les cartes et en diminuant le nombre de cartes et de tours. Et essayer de leur faire dépasser leur timidité pour parler devant les autres participants. Un public plus jeune permet aussi d’être confronté à quelques réactions inattendues. Comme ce petit garçon qui pensait que les ornithorynques mâles avaient du venin pour défendre les femelles et les bébés (alors que vraisemblablement, c’est pour se battre pour les femelles). Ou cette petite fille qui ne voyait pas d’objection aux croisements inter-espèces. Après tout, ce n’est pas parce qu’elle n’a jamais vu de chien-chat que l’ornithorynque n’est pas né des amours d’une cane et d’un rat des eaux comme le raconte la légende aborigène. Tout le jeu fut de la convaincre sans user d’arguments d’autorité ( »ce n’est pas possible » ou « ça ne peut pas arriver »)…

Globalement, nous avons eu le sentiment que tous les publics, petits et grands enfants, mais aussi adultes et animateurs scientifiques du Festival, ont tiré profit de l’atelier. Les petits étaient plus fascinés par les bizarreries de cet animal si mignon ou attendris par son apparence ( »je peux caresser la peluche ? »), les grands ont joué le jeu des controverses ( »moi je suis un grand savant français et je représente la meilleure école d’anatomie… », l’autre répliquant, avec un accent anglais, « nous, savants de la Royal Society, nous affirmons… »). En tout cas il semble que nous avons réussi à faire naître un questionnement ( »Mais alors si un mammifère peut pondre des œufs, qu’est-ce qui définit un mammifère ? Pourquoi personne n’a écouté les Aborigènes qui savaient depuis longtemps que les ornithorynques pondaient des oeufs ? » etc) ainsi que la curiosité d’en savoir plus sur les animaux et l’histoire de leur découverte par les savants. De quoi nous faire gagner notre pari osé !

Elifsu et Antoine

2 août 2009 Être le point fixe d’un congrès

Quand on veut servir le monde de la recherche et aider les laboratoires de recherche à être les meilleurs, il y a un point qui compte énormément : l’organisation de congrès scientifiques, qui permettent de souder un programme de recherche, renforcer sa visibilité internationale, s’ériger en centre d’expertise et enrichir ses travaux par l’échange  et la confrontation.

C’est ainsi que le congrès international Morphogenesis in Living Systems a récemment fait appel à nous. Organisé par l’Institut des systèmes complexes Paris-Île-de-France et l’Institut rhône-alpin des systèmes complexes, dans le cadre d’un programme européen, ce congrès faisait le point sur la recherche en morphogenèse dans le monde vivant (embryon, plante, nuées d’oiseaux…).

Morphogenesis in Living Systems 2009

Notre travail a consisté principalement à :

  • diffuser l’information aux institutions du domaine
  • accueillir les orateurs et participants
  • concevoir et réaliser l’abstract book de A à Z
  • coordonner les équipes de la fac de médecine de la rue des Saints-Pères (Université Paris V), le secrétariat des Instituts organisateurs et la principale organisatrice Nadine Peyrieras
  • organiser l’affichage des posters
  • assurer avec les équipes organisatrices la réalisation de 3 visio-conférences avec Oxford, la Californie et l’État de Washington, ainsi que le banquet dansant de la soirée de clôture.

En pratique, je courais un peu partout, téléphone portable à la main, ordinateur sous le bras, répondant aux questions des participants ( »C’est dans quelle salle qu’on dîne ? ») aussi bien que des orateurs ( »Can I use my laptop or should I put my presentation on this computer ? », des techniciens de la fac ( »De combien de rallonges avez-vous encore besoin ? »), du traiteur ( »Votre pause, vous la faites à quelle heure finalement ? »), des co-organisateurs ( »Elle est où Nadine ? » ou « Le professeur Untel est-il arrivé ? ») ou de l’entreprise de reprographie ( »Pourrez-vous envoyer quelqu’un chercher les derniers programme et le poster qui était en retard ? »). Le tout en essayant de résoudre les petits problèmes techniques qui arrivent forcément. Toujours être au taquet, anticiper et être très très organisé (mes célèbres to-do-list).

C’est comme ça qu’on rate, évidemment, l’intervention d’un Prix Nobel, mais qu’un mathématicien Slovaque vous fait un des plus étonnants compliments de votre vie : « It was great to have you, Elifsu. You were the fixed point of the conference ! » What else ?

Elifsu

9 juillet 2009 Images d’ornithorynque

J-13 avant l’atelier Paris-Montagne sur l’ornithorynque, nous mettons la dernière main au contenu et à l’iconographie. En effet, nous tenons à ce que chaque carte du jeu de rôle soit illustrée. Après avoir écumé les ressources en ligne, notamment les photothèques des musées australiens, c’était le tour des parutions anciennes et archives papier. Au détour d’une lecture instructive (Harriet Ritvo, 1998. The Platypus and the Mermaid and Other Figments of the Classifying Imagination, Harvard University Press), ce passage attire mon attention :

L’attrait du grand public pour l’ornithorynque, et celui des naturalistes, semblait dépendre plutôt de son étrangeté que de tout autre charme ou utilité positive. (…) Ses spécimens empaillés et son image apparaissaient plus fréquemment en dehors des cercles spécialisés que ceux des animaux exotiques similaires en taille ou en aspect. Parfois il servait à représenter les curieuses préccupations des savants, comme dans l’illustration satirique de Punch intitulée « La Réunion de la société de zoologie » où, savamment étiqueté « Ornithorynchus« , il occupe le premier plan de la table autour de laquelle ces messieurs lettrés sont réunis.

Nous voici donc lancés sur la piste du numéro de 1885 de Punch, cet hebdomadaire satirique britannique dont l’humour sophistiqué et retenu a marqué l’histoire. Or nous avons une chance, celle d’être situés de part et d’autre de la Manche. Après un petit tour à la bibliothèque de l’université d’Edimbourg, j’ai dans les mains un bel ouvrage, relié à l’ancienne.

Une belle tranche dorée à l'or fin (?!)

 À l’intérieur, une page de titre sur vieux papier, et un an d’almanach, de dessins satiriques, d’articles en tous genres…

Recueil de l'hebdomadaire Punch, année 1885

Et la fameuse page tant attendue, avec son dessin autant incongru que l’ornithorynque lui-même.

"The Meeting of the Zoological Society", Hanover Square

Elle servira à illustrer un épisode de notre histoire, quand William Haacke, conservateur du South Australian Museum, exhiba un œuf d’ornithorynque (si longtemps recherché !) devant la Royal Society of South Australia d’Adelaïde… alors que la postérité n’a retenu que le nom de William H. Caldwell qui fit son annonce le même jour, mais avait choisi le public ô combien plus prestigieux de la British Association, réuni en assemblée à Montréal !

Mais quand on parle d’images d’ornithorynque, nos visiteurs ont peut être en tête l’album du Père castor « Le Jamais-content » ? Alors ils sont invités à rejoindre le groupe Facebook créé pour célébrer ce monument de l’édition pour naturalistes en herbe !

17 juin 2009 Comment se monte un atelier de science pour le jeune public

Nous préparons actuellement un atelier pour le festival de science Paris-Montagne, organisé à l’École normale supérieure (sur la Montagne Sainte-Geneviève à Paris). L’atelier sera montré du 22 au 25 juillet inclus, le dernier jour étant ouvert aux individuels de 14h à 19h.

Le titre de cet atelier ? « Les [r]évolutions de l’ornithorynque », un clin d’œil au mot d’ordre du festival cette année : [R]évolution. Pourquoi l’ornithorynque ? Nous aurons l’occasion d’en reparler… Au moment où nous mettons les dernières touches à son contenu et son déroulement, je suis surtout frappé par le panel des rôles qu’il nous a fallu assumer :

  • élaboration des objectifs pédagogiques et adaptation au public attendu
  • revue de littérature sur l’ornithorynque, utilisant moult bases de données bibliographiques et moteurs de recherche (JSTOR, Web of Science, Scirus)
  • conception de la forme de l’atelier et de son déroulement (en l’occurrence, nous avons choisi un jeu de rôle)
  • recherche d’illustrations, auprès d’institutions spécialisées (y compris de nombreux musées, ce qui nécessite de résoudre les questions de droit d’auteur et de démêler les autorisations d’utilisation) mais aussi dans les contenus sous licence libre du web (par exemple sur Flickr) et dans la littérature scientifique (avec des moteurs spécialisés comme BioText Search Engine)
  • mise au point et conception des cartes de jeu, des supports pédagogiques etc.

Nous n’avions pas cru que le désir très fort de monter un atelier pour le jeune public mobiliserait autant des atouts de Deuxième labo, et cet exercice s’est avéré finalement très complet. Reste à tester le jour J nos capacités d’animation et de pédagogie !

Antoine

1 mai 2009 Combiner recherche et enseignement à l’université

Dans le cadre d’une longue série intitulée « Ten simple rules » ( »10 règles simples »), la revue PLoS Computational Biology offrait il y a quelques jours ses conseils pour combiner recherche et enseignement à l’université. Pêle-mêle, il est question d’allouer un temps précis à l’un et à l’autre, de solliciter les collègues et demander de l’aide autour de soi pour ne pas réinventer la roue, de ne pas accepter trop de charges administratives qui ne soient pas directement utiles et de commencer à enseigner le plus tôt possible dans sa carrière.

Parmi les conseils énoncés, il y en a un qui dit précisément : « N’ayez pas peur d’utiliser vos travaux de recherche dans votre enseignement », avec le constat que 1) on ne maîtrise jamais aussi bien un sujet que celui sur lequel on travaille, que 2) les étudiants sont toujours ravis d’avoir une idée des recherches qui sont menées au laboratoire et que 3) cela permet d’intéresser et de recruter des petites mains. Très juste. Mais rien n’est dit sur le chemin inverse, celui qui consisterait à utiliser son enseignement dans ses recherches, à part cette phrase :

Conversely, there is wisdom in crowds. Consider having students review aspects of your research that fit the course and get feedback. You will be surprised at what useful information can come from students critiquing a new manuscript or proposing new experiments.

À l’inverse, il y a la sagesse des foules. Pensez à utiliser les étudiants pour passer en revue des aspects de vos recherches qui rentrent dans le cadre du cours et à obtenir des retours. Vous serez surpris comment des étudiants critiquant un nouveau manuscrit ou proposant de nouvelles expériences peuvent apporter des informations utiles.

Cette idée est plutôt contre-intuitive puisqu’on s’imagine l’enseignement comme un rabâchage de choses sues, sans intérêt ni heuristique ni cognitif. Et quand elle est avancée, comme ici, c’est souvent de façon vague et sans détails concrets. Pourtant chez Deuxième labo, nous connaissons au moins un exemple d’enseignement qui a fait naître une piste originale de recherche, laquelle s’est avérée concluante et a abouti à plusiques publications. À l’heure où le mouvement des universitaires interroge profondément cette question de l’imbrication entre enseignement et recherche, et de leur enrichissement mutuel, il serait intéressant d’approfondir cette étude de cas et éventuellement d’en généraliser les enseignements.

À ce stade de la réflexion, il manque à Deuxième labo des idées exactes sur la façon dont cette matière pourrait être exploitée et le rôle que nous pourrions y jouer. Mais l’idée et l’envie restent présentes, en espérant que l’occasion se présente d’elle-même ou que nous trouvions une solution intéressante !

Antoine

29 avril 2009 Faire-part de naissance

Nous avons le bonheur de vous faire part de la naissance officielle de Deuxième labo SARL. Après de longues semaines de gestation, les choses sérieuses vont pouvoir commencer, en espérant que ce soit pour de longues années…

Les parents (ici, devant la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et au moment de procéder aux formalités de dépôt) se portent bien !

En Vélib' à la CCI de Paris

Bourse du commerce

Elifsu et Antoine

25 avril 2009 Les techniques expliquées aux collégiens et lycéens

Au-delà de ce site professionnel qui est lancé officiellement aujourd’hui (hourra !), nous avons le plaisir de voir une première production signée Deuxième labo apparaître sur le web. Il s’agit d’un texte sur la physique des caténaires et des chemins de fer, premier d’une série commandée par la Fondation C.Génial.

En regardant passer le train

Cette série intitulée « Comment ça marche : la science en entreprise, des exemples » part du triple constat qu’on ne parle pas suffisamment des applications de la science et notamment de leur usage dans l’industrie, que le métier d’ingénieur brille moins sous les projecteurs que le métier de chercheur et qu’un manque de sensiblisation au collège et au lycée est sans doute responsable du déficit d’intérêt pour ces carrières. En proposant ainsi des fiches utilisables par les enseignants du secondaire, la Fondation C.Génial (et Deuxième labo) espère montrer que « la science est plus présente que jamais en entreprise » et que de nombreuses notions enseignées dans le secondaire trouvent leur application ou leur illustration dans les techniques.

Après les caténaires SNCF, attendez-vous bientôt à en savoir plus sur les sondages pétroliers utilisant la radioactivité du césium pour déterminer la porosité des roches, et leur contenu éventuel en pétrole (MàJ 22/01/2010 : cet article est maintenant disponible en ligne). D’autres sujets seront abordés en fonction de nos envies et de celles de la Fondation, qui compte parmi ses fondateurs des représentants d’EADS, France Télécom, Schlumberger ou la SNCF.

Antoine