1 mai 2009 Combiner recherche et enseignement à l’université
Dans le cadre d’une longue série intitulée « Ten simple rules » ( »10 règles simples »), la revue PLoS Computational Biology offrait il y a quelques jours ses conseils pour combiner recherche et enseignement à l’université. Pêle-mêle, il est question d’allouer un temps précis à l’un et à l’autre, de solliciter les collègues et demander de l’aide autour de soi pour ne pas réinventer la roue, de ne pas accepter trop de charges administratives qui ne soient pas directement utiles et de commencer à enseigner le plus tôt possible dans sa carrière.
Parmi les conseils énoncés, il y en a un qui dit précisément : « N’ayez pas peur d’utiliser vos travaux de recherche dans votre enseignement », avec le constat que 1) on ne maîtrise jamais aussi bien un sujet que celui sur lequel on travaille, que 2) les étudiants sont toujours ravis d’avoir une idée des recherches qui sont menées au laboratoire et que 3) cela permet d’intéresser et de recruter des petites mains. Très juste. Mais rien n’est dit sur le chemin inverse, celui qui consisterait à utiliser son enseignement dans ses recherches, à part cette phrase :
Conversely, there is wisdom in crowds. Consider having students review aspects of your research that fit the course and get feedback. You will be surprised at what useful information can come from students critiquing a new manuscript or proposing new experiments.
À l’inverse, il y a la sagesse des foules. Pensez à utiliser les étudiants pour passer en revue des aspects de vos recherches qui rentrent dans le cadre du cours et à obtenir des retours. Vous serez surpris comment des étudiants critiquant un nouveau manuscrit ou proposant de nouvelles expériences peuvent apporter des informations utiles.
Cette idée est plutôt contre-intuitive puisqu’on s’imagine l’enseignement comme un rabâchage de choses sues, sans intérêt ni heuristique ni cognitif. Et quand elle est avancée, comme ici, c’est souvent de façon vague et sans détails concrets. Pourtant chez Deuxième labo, nous connaissons au moins un exemple d’enseignement qui a fait naître une piste originale de recherche, laquelle s’est avérée concluante et a abouti à plusiques publications. À l’heure où le mouvement des universitaires interroge profondément cette question de l’imbrication entre enseignement et recherche, et de leur enrichissement mutuel, il serait intéressant d’approfondir cette étude de cas et éventuellement d’en généraliser les enseignements.
À ce stade de la réflexion, il manque à Deuxième labo des idées exactes sur la façon dont cette matière pourrait être exploitée et le rôle que nous pourrions y jouer. Mais l’idée et l’envie restent présentes, en espérant que l’occasion se présente d’elle-même ou que nous trouvions une solution intéressante !
Antoine