25 janvier 2010 Deuxième labo remporte un appel d’offres du Ministère de l’écologie
Deuxième labo animera pendant deux ans (plus une troisième année optionnelle) le programme REPERE : « Recherche et expertise pour piloter ensemble la recherche et l’expertise » du Ministère chargé de l’écologie. Ce programme est conçu pour accompagner une réforme durable du pilotage de la recherche et de l’expertise en y intégrant la participation des ONG, et fait suite aux recommandations du Grenelle de l’Environnement. Nous sommes fiers d’y être associés mais avant de vous en dire plus sur cette mission, il faut raconter en quelques mots la constitution épique de notre proposition :
- le 28 septembre 2009, le Ministère publie son appel d’offres, avec une date limite de réponse fixée au 9 novembre (ce qui laisse donc 6 semaines pour répondre) ;
- à notre retour de vacances le 5 octobre, nous découvrons l’appel d’offres et commençons à en parler entre nous : il est évident que le projet est intéressant et que nous nous sentons fait pour lui (à moins que ce ne soit le projet fait pour nous ?) ;
- nous faisons le tour du paysage français pour cerner les organismes et équipes qui seraient intéressés pour monter une proposition avec nous. La Fondation sciences citoyennes (FSC) s’impose elle-même, ça tombe bien, nous devons rencontrer l’un de ses responsables dans la semaine. L’IFRIS et ses nombreux sociologues des sciences sont également bien positionnés ;
- le 9 octobre, nous rencontrons un membre de la direction de la FSC qui n’était pas au courant de l’appel et se déclare intéressé : ils prévoient d’en discuter en interne et de nous faire part de leur décision ;
- le même jour, nous envoyons les documents de l’appel à Matteo Merzagora pour le mettre au courant, en pensant que ses compétences en animation et son expérience des projets européens « Sciences en société » seraient utiles s’il est intéressé, et nous sondons notre contact au secteur « Sciences et société » du Ministère de la recherche ;
- nous contactons l’IFRIS le 10 octobre par courriel, avec les encouragements de la FSC, pour leur proposer de monter un projet ensemble ;
- le 15 octobre, nous relançons la FSC, sans succès ;
- pendant ce temps, nous commençons à nous renseigner auprès de notre expert comptable sur les modalités pratiques d’un appel d’offres : il faut dire que c’est une première pour nous (et il s’avère que c’est aussi une première pour lui) !
- le 20 octobre, l’IFRIS nous confirme son « intérêt pour faire quelque chose » tout en admettant que les délais sont très serrés et nous promet une réponse définitive le 26 octobre ;
- le 26 octobre, toujours rien, nous attendons quelques jours avant de relancer le 29 par courriel puis par téléphone ;
- le 1er novembre, la FSC nous répond que « rien ne se fera pour la deadline » en parlant également au nom de l’IFRIS. À une grosse semaine de l’échéance, se pose la question de savoir si on se lance sans eux en étant nous-même porteurs du projet. La réponse est vite prise, on tente le tout pour le tout ;
- le long week-end du 1er novembre se passe puis nous mettons en route notre plan d’attaque :
- grâce à notre expert-comptable, nous apprenons que le Conseil supérieur de l’Ordre et le Ministère de l’économie ont créé un Guide pratique pour la réponse des PME à la commande publique qui va nous être fort utile ;
- Matteo Merzagora confirme sa participation, mais il nous manque toujours des compétences en matière de sociologie de la participation et de gouvernance de la recherche : nous décrochons le téléphone et nos contacts nous envoient vers Nicolas Baya-Laffite, qui sera le dernier élément de notre dispositif ;
- nous sommes le 4 novembre, les derniers jours (et nuits) sont passés à construire et fignoler notre offre ;
- le 9 novembre, jour J, nous passons au Ministère à la Défense (malgré les problèmes sur le RER A) pour rendre notre dossier. Le Ministère est une forteresse (partagée avec GDF Suez) : le nom d’un contact officiel et un pli confidentiel à déposer ne suffisent pas. On attend que quelqu’un descende. Mais il n’a pas le document nécessaire (récepissé de dépôt) sur lui. On le suit dans les étages, et un récepissé ad hoc est tapé et visé pour nous. Il est bientôt 16h, la deadline, mais, ouf, c’est terminé !
Antoine et Elifsu