Francesca Sacco signait hier dans L’Agefi (quotidien Suisse spécialisé en économie, finance et politique) un article sur la baisse de qualité des brevets et l’enlisement d’un système qui fait de moins en moins bien face au dépôt de brevets inutiles voire non conformes (trop long — jusqu’à 8900 revendications ! — ou décrivant volontairement mal l’invention). Avec pour conséquence une inflation de l’information brevet disponible (dans laquelle il va falloir se plonger à chaque recherche d’antériorité et de validité) alors même que le temps passé sur chaque demande par les examinateurs de l’Office européen des brevets a été divisé par deux entre 1992 et 2001.
On tombe ainsi dans un cercle vicieux où la délivrance de brevets de mauvaise qualité augmente la probabilité d’obtenir un brevet, d’où une incitation au dépôt de brevets qui entraîne une augmentation du nombre de demandes de brevets, une surcharge de travail pour les examinateurs donc un examen plus superficiel et encore plus de brevets de mauvaise qualité délivrés. .

Pour écrire son article la journaliste s’est inspiré de mon papier « La qualité des brevets en baisse : à la croisée du droit, de l’économie et de l’innovation« , et elle me cite à plusieurs reprises. Un autre article de la même veine pourrait être publié prochainement dans Le Temps — à suivre ! MàJ 24/07 : l’article en question vient de paraître.

Antoine
Longtemps cantonnée à la revue de presse, la veille média (réputation, compétition, marchés…) passe à l’ère du XXIe siècle et s’équipe avec des outils d’analyse façon Dow Jones Insight ou autres… Mais pour l’entreprise qui cherche à évoluer, cela revient trop souvent à partir dans tous les sens et tester les outils disponibles les uns après les autres, comme un enfant dans un magasin de jouets — ou comme un apprenti-pâtissier qui choisit les plus belles couches (génoise au chocolat, mousse de kiwi, citron meringué et coulis de fraise) au détriment du résultat final ! Nous préconisons plutôt à nos clients d’avancer avec rigueur, et de prendre le temps de se poser les vraies questions : certes chaque outil peut faire beaucoup de choses mais comment dois-je l’utiliser ? Qu’est-ce que j’attends de lui ? Quelle est ma marge de manœuvre si je veux utiliser d’autres sources ou pallier aux insuffisances de son moteur d’analyse ?
C’est pourquoi nous proposons en général deux options de veille média (deux recettes), qui peuvent être choisies ensemble ou individuellement. Cette dichotomie est idéale tendance caricaturale mais chaque option a du sens par rapport à des objectifs, un public, un rythme de rafraîchissement et une place donnés dans la stratégie de l’entreprise :
- la première option vise à fournir en continu un état de la situation, grâce à un tableau de bord et un ensemble de graphiques. Ces indicateurs (qui ne font pas vraiment la différence entre une mention positive dans un grand média et une critique dans un blog de second rang) se basent sur une couverture aussi exhaustive que possible des sources disponibles, sur la base de requêtes solides au plus près des activités de l’entreprise et de ses centres d’intérêt. Comme les sources sont nombreuses et les requêtes larges (il faut être exhaustif, souvenez-vous), l’outil d’analyse doit être capable de filtrer le bruit qui se glisse immanquablement. La base d’utilisateurs au sein de l’entreprise peut être assez large puisque l’outil est destiné aux utilisateurs finaux.
- l’autre option consiste à construire un échantillon de sources (quelques blogs, des journaux plus ou moins spécialisés, des forums, un peu de Twitter) couvrant à la fois les influenceurs et ceux qui font cavalier seul. Cette fois l’objectif est de plonger dans les discussions, de sortir des sentiers battus — et on ne sait jamais d’où va venir la prochaine étincelle, n’est-ce pas ? Les requêtes, plutôt lâches, doivent être réévaluées en permanence tout comme l’échantillon de sources (en fonction de l’évolution du paysage) et un rapport est produit tous les 2 ou 3 mois sur la façon dont les sujets sont discutés, par qui, avec quels acteurs… L’outil d’analyse doit être flexible (il faut pouvoir rajouter des thèmes ad hoc dès qu’il y a un besoin) et puissant, afin de bien servir l’analyste-expert qui produit le rapport.
Une fois qu’elle a ses deux grandes options en tête, l’entreprise peut cibler plus facilement son choix d’outils et déterminer dans quelle mesure ils lui conviennent, ou quelles personnalisations sont nécessaires. Elle peut raisonner ses sources d’information, sa fréquence de mises à jour, son utilisation de l’outil d’analyse, la forme de ses rapports de veille… et construire ainsi le gâteau qui offre la meilleur combinaison de couches plutôt que les couches les plus séduisantes individuellement mais insipides ensemble !
Nous avons beau être des blogueurs expérimentés, tout change quand il s’agit du blog de son entreprise. Est-ce que la maquette convient ? Quel est le ton à adopter ? Qui va nous lire ? Aura-t-on des commentaires ?
Mais ces émois existentiels doivent finalement être mis de côté pour se lancer « pour de vrai », comme le veut la tradition du web 2.0. Avec en tête quelques convictions et points de repères :
- cette entreprise est une première pour les deux fondateurs que nous sommes, et nous aurons des choses à partager sur la création et la gestion d’une SARL
- notre champ d’action déroute parfois notre entourage, que nous essayerons ici de faire entrer dans notre monde
- parce que ce champ d’action est à la fois balisé et défricheur de terrains nouveaux, il faut montrer ce que nous faisons aux clients potentiels qui nous lisent
- enfin, pour ceux qui ne nous connaîtraient pas, pourquoi ne pas profiter de cette tribune pour montrer qui nous sommes et ce qui nous anime ?
Bienvenue donc sur le blog de Deuxième labo, en espérant que nous fassions un long bout de chemin ensemble !
Elifsu et Antoine